Dans
la plupart des pays du Sud, les agricultures familiales
doivent
sintensifier et se moderniser. Leurs besoins
de financement sont
importants, complexes et variés. Ces besoins
sont amplifiés par la
libéralisation des économies agricoles
et la suppression des lignes de crédit
liées aux grandes filières de production
intégrées. Cette disparition de
l'offre publique de financement n'est pas toujours
relayée par les banques agricoles, qui
concentrent leur offre sur quelques secteurs sécurisés
(cultures dexportations, productions irriguées
)
; la prudence des banques commerciales vis-à-vis
du secteur agricole est plus grande encore.
Soutenue
par un large consensus des bailleurs de fonds,
la microfinance devient une alternative forte.
Elle englobe des institutions très diverses
(réseaux mutualistes, coopératives,
caisses villageoises autogérées,
entreprises privées de services financiers,
banques, projets dépargnecrédit),
dont certaines comptent plusieurs centaines de
milliers de clients. Cependant, si la microfinance
a un impact positif sur la trésorerie des
ménages, beaucoup sinterrogent sur
sa capacité réelle à contribuer
à
linvestissement productif, notamment agricole.
Contrairement au
commerce ou à lartisanat, qui génèrent
des revenus réguliers, relativement sûrs,
avec des cycles de rotation du capital rapides,
les activités agricoles suscitent la prudence
des institutions de microfinance. Pourtant, pour
certaines de ces institutions, nées dorganisations
paysannes, lagriculture représente
un gisement de clientèle important et un
secteur économique vital.
En
1997, un projet de recherche a été
engagé sur la contribution des systèmes
financiers décentralisés au financement
de dagriculture. Ce projet a été
mené en partenariat avec des opérateurs
du Nord, réunis au sein du réseau
CERISE, et des institutions de microfinance et
des ONG du Sud. Il a permis danalyser différentes
expériences en Afrique de lOuest,
à Madagascar et en Asie du Sud Est.
Le
CIRAD et les
opérateurs du groupe CERISE, associés
au CTA, au
FIDA, au Ministère
français des affaires étrangères,
à l'AFRACA
et à l'ENDA-GRAF
organisent un séminaire international sur
le
thème suivant :
Dans
quelles conditions la microfinance, dans sa diversité,
et sous
contrainte de pérennisation, pourra-t-elle
répondre efficacement à lampleur
et à la spécificité des besoins
de financement de lagriculture dans un contexte
de libéralisation ?