Dans
la plupart des pays d'Afrique, les Etats se sont
désengagés de la gestion directe
du développement rural au profit des associations
professionnelles de producteurs. Ces dernières
assurent désormais deux nouvelles fonctions
: La première concerne la prise en charge
d'un ensemble de services d'appui en amont et
en aval de la production agricole: amélioration
et diversification de la production appui au développement
d'activités de transformation; organisation
de produits et services collectifs. La deuxième
concerne la formulation et la négociation
de politiques de développement rural: définition
du projet socio-politique de l'organisation (prix
et taxes ; crédit aux agriculteurs; foncier;
investissements publics en milieu rural), de ses
orientations et de ses stratégies.
La
montée en charge de ces organisations paysannes
se conjugue avec une décentralisation des
pouvoirs des autorités nationales vers
les collectivités territoriales. Celles-ci
commencent à assurer la responsabilité
de la planification, gestion et animation du développement
local: définition concertée de plans
de développement et supervision de leur
mise en uvre, gestion décentralisée
des investissements et des services d'appui aux
producteurs. Elle se conjugue également
avec la démocratisation du pouvoir (participation
aux prises de décisions et alternance au
niveau des choix des responsables).
Par
ailleurs, le développement agricole est
encore largement financé par les pouvoirs
publics. Avec les mesures d'austérité
imposées par les plans d'ajustement structurel,
la part de financement du développement
agricole provenant des ressources nationales s'est
amenuisée. Même si l'importance relative
de la contribution des bailleurs de fonds s'est
accrue, elle ne se maintiendra pas indéfiniment
à un niveau aussi élevé.
Dans
ce contexte de mutations socio-économiques
et institutionnelles, les responsables des organisateurs
de producteurs agricoles et ONG sont condamnés
à communiquer plus et mieux avec leurs
partenaires: meilleure circulation de l'information
entre la base et le sommet et traitement des informations
relatives à la libéralisation des
filières et à la décentralisation
politico-administrative.
Dans
ce contexte, le CTA et le BIMTT accompagnent les
organisations professionnelles paysannes dans
leurs efforts de développement.