PLAN DE GESTION DU PARC NATIONAL KABORE TAMBI

I. GENERALITES

1.1. DESCRIPTION SOMMAIRE

1.1.1. Situation géographique

A 113 km au sud de Ouagadougou, accessible par la route national N°5, le parc national KABORE Tambi est à cheval sur les provinces du Bazega, du Nahouri et du zoundwéogo. Le climat y afférent est celui de type soudanien repartis en secteur soudanien septentrional et méridional. Dans le cas de ce plan de gestion, une superficie de 85 440 ha a été retenue.

Les limites de la partie concernée par le présent plan de gestion sont déterminées comme suit:

A - Croisement de la R.F et de la Volta Rouge

B - 10,8 Km à 88,7 grades (79,8°) du point A,

C - 9,7 Km à 121,2 grades (109°) du point B,

D - 2,0 Km à 86,6 grades (78°) du point C,

E - 10,8 Km à 177,8 grades (160°) du point D,

F - 4,9 Km à 123,3 grades (110,8°) du point E,

G - 8,0 Km à 150 grades (135°) du point F,

H - 1,8 Km à 196,6 grades (177°) du point G, route Pô-Zabré

à peu près 6,5 Km à l'Est du Nazinon,

I - 9,4 Km à 277,8 grades (250°) du point H, route Pô-Zabré

à peu près 5,0 Km à l'Ouest du Nazinon,

J - 6,0 Km à 375,8 grades (338°) du point I,

K - 4,2 Km à 511,1 grades (280°) du point J,

L - 15,7 Km à 288,3 grades (259,5°) du pint K,

M - 2,4 Km à 333,3 grades (300°) du point L,

N - 6,0 Km à 286,6 grades (258°) du point M,

O - 5,7 Km à 377,8 grades (340°) du point N,

P - 17,4 Km à 345,6 grades (311°) du point O,

Q - 7,8 Km à 390,6 grades (351,5°) du point P,

R - 12,2 Km à 46,7 grades (42°) du point Q,

S - 5 Km à 152,2 grades (137°) du point R.

Le point "S" rejoint "A" suivant le cours du Nazinon.

1.1.2. Historique

Né de la fusion des ex-forêts classées de la volta rouge et de Pô, il a été constitué en parc national de Pô par ordonnance N°76/020/PRES/E.T/ du 2 Septembre 1976.

De nos jours, la dénomination Parc National KABORE Tambi, est due à l'hommage rendu à l'agent forestier KABORE Tambi.

1.1.3. Les ressources disponibles

Paysage panoramique

Il existe de nombreuses galeries forestières le long des cours d'eau Nazinon et ses divers affluents. Le relief présente des vallées attrayantes, des collines au passé historiques. Les savanes arbustives et arborées à composantes diverses constituent les aspects phytogéographiques du PNKT

Ressources floristiques

Les familles végétales présentant diverses espèces sont les suivantes: Annonacées, Ampélidacées, Anacardiacées, Asclépiadacées, Bombacacées, capparidacées, Caryophyllacées, Celastracées, Cochlospermacées, Combretacées, Euphorbiacées, Malvacées, Mimosacées, Papillionacées, Moracées, Myrtacées, Méliacées, Polygalacées, Oléacées, Rubiacées, Logoniacées, Sapindacées, etc..

Sont également présentes les différentes familles de graminées et ses diverses espèces de la savane soudanienne (Adropogon gayanus, Schizachyrium sanguineum, etc..).

Il faut mettre un accent sur les graminées dans la perspective de la gestion des feux d'aménagement et leur localisation (bas-fond, plaines, collines).

Ressources fauniques

Les espèces de la savane soudanienne jadis y étaient présentes, mais de nos jours la présence des ongulés tel l'Hippotrague, l'Ourébi, le Guib harnaché, le Céphalophe et celle des primates dont les Cynocéphales, les Callitriches, les Patas sont remarquables. Entre autre, on y rencontre de nombreux oiseaux de différentes espèces.

Les ressources hydriques

Le Parc National KABORE Tambi est traversé dans toute sa longueur d'Ouest en Est par la rivière Nazinon à écoulement permanent en saison pluvieuse et présentant des chapelets d'eau dans son lit en saison sèche, constituant ainsi des mares.

Entre autre, à l'intérieur des formations forestières, ils existent dans les dépressions des mares qui s'assèchent dès les mois de Janvier à Mars.

De nombreux affluents du Nazinon, constituent le réseau hydrique du PNKT, mais ils sont tous intermittents.

Ressources halieutiques (Clarias, Hétérobranchus, etc..)

Dans le cours du Nazinon et ses affluents, après étiage, on rencontre des espèces de poissons des familles suivantes: Claridés, Ostéoglossidés, Mormyrides et autres espèces aquatiques tels les moules, etc...

1.1.4. Aspects socio-économiques

Les populations riveraines: Les composantes

Au nord du parc National KABORE Tambi, nous avons les Mossi, à l'Est les Bissa et les Peuhls, au Sud les Gourounsi (Katsena et Nouna). Signalons toutefois que les différents brassages et la recherche de terres arables et de pâturages ont amené les migrants Peuhls et Mossi à s'installer aux alentours du Parc National KABORE Tambi (cf. carte d'implantation des populations autour du PNKT).

Activités dans les terroirs avoisinants

Ces activités se résument en ce qui suit: l'agriculture pratiquée par les Mossi, Gourounsi; l'élevage par les Peuhls nomades et sédentaires.

Signalons que la coupe de bois s'y mène également pour les besoins en bois de chauffe et construction.

Activités à l'intérieur de la zone

Le pâturage d'animaux domestiques, le braconnage et la coupe de bois également qui s'y mènent, sont des activités illégales dûment constatés.

1.2 Bilan des interventions

1.2.1. Les aménagements

Sur l'habitat

· Pare-feux : inexistant

· Points d'eau : Néant

· Salines : Néant

· Régime des feux : Précoce

· Pistes : 57 km réfectionnées

Aménagements touristiques

Campements touristiques : inexistant dans le PNKT

Pistes touristiques : 57 km ouvertes, 17 non ouverte depuis 10 ans.

Miradors : inexistant

Affûts : inexistant

1.2.2. L'exploitation

Bilan du tourisme : néant depuis ces 5 dernières années.

1.3. Etudes et recherches

Recherche documentaire

· Parc National de Pô, projets d'aménagements : "Développement des ressources forestières, de la faune sauvage et de la pêche" UPV 72/029.

· Liste annotée des plantes récoltées dans le Parc national de Pô. J. HEISTERBERGS (1975).

· Tree and Shrub, identification Pô Park; B. CHRISTENSON, Novembre 1975.

· Schéma Directeur d'aménagement intégré dans la zone Sud-Ouest de la Province du Zoundwéogo et propositions d'aménagement (secteur faune); K. NEBIE Février 1995.

· Ordonnance n° 76/020/PRES/ET du 2 Septembre 1976 portant constitution du parc national de Pô.

· Propositions d'aménagement de la réserve intégrale de Pô "Problèmes écologiques et ceux liés au braconnage. Août 1978. DPN/RF/CH; K.NEBIE.

Inventaires réalisés

· Les oiseaux les plus connus du Parc National de Pô, Barry Christenson, Novembre 1975.

· Inventaire des ressources en faune sauvage et sa valeur économique sur son utilisation en zone rurale. PNUD/FAO UPV/78OO8. B. BOUSQUET, Juin 1982.

· Inventaire aérien d'éléphants et de buffles du Parc national de Pô; 14-15 Avril 1973; Peace Corps J.HEINTERBERG.

· rapport sur le Parc National de Pô - Inventaire/Peace Corps; J. HEISTERBERG 1972.

· Situation actuelle et objectifs de la conservation des communautés biotiques en Haute-volta Communauté piscicoles - 1981.

1.4. Bilan des investissements

Confection des bornes pour la délimitation du PNKT à Nobéré (année 198O):

Nombre : 47O petites bornes

75 grandes bornes

Construction: 2 bureaux administratifs: Nobéré, Pighyri (année 198O):

logements: 1 à Nobéré, 1 à Pighyri.

1.5. Contraintes de gestion

Contraintes sociales:

· Pression démographique intense (arrivée de nombreux migrants): agriculteurs, bergers (éleveurs nomades et sédentaires)

· Installation anarchiques.

Contraintes administratives

· Pour les aménagements et la surveillance du PNKT, on note le manque de moyens en personnel, en équipement logistique etc.

Contraintes liées au braconnage

· Le Parc National KABORE Tambi est le zone de prédilection des braconniers (riverains du Parc et ceux venus de Ouagadougou).

l'exclusivité de la zone

· L'appartenance à l'Etat du Parc National KABORE Tambi a pour effet le désintéressement des populations à sa gestion et autres aspects.

Contraintes financières

· Inexistence de budget autonome pour le fonctionnement des services forestières et la gestion du Parc.

Contraintes techniques

· Manque de personnel qualifié pour l'aménagement des aires de conservation de la faune.

Contraintes juridiques

· Non, statut bien défini, mais nécessite des mesures d'intégration des populations riveraines ) la gestion de l'entité.

II. APPROCHES PRECONISEES

L'approche préconisée est marquée par quatre axes prioritaires :

1. Développement d'une approche holistique de gestion prenant en compte tous les types de rentabilisation durable;

2. Développement d'un concept d'aménagement adaptée aux conditions du milieu;

3. Développement d'un concept intégré de protection et d'exploitation prenant en considération les intérêts de la population riveraine et le statut du parc;

4. Application de l'approche Gestion des terroirs dans les villages riverains qui seront considérés comme une série particulière d'aménagement.

La mise en œuvre de cette approche nécessite actuellement:

· Un inventaire qualitatif de la flore, de la faune, et des beaux sites, accompagné de relevés en vue de l'interprétation des cartes existantes, doit livrer les informations nécessaires sur le potentiel du Parc;

· Des analyses complémentaires dans les domaines socio-économiques doivent permettre d'éclaircir la question de savoir de quelle manière la population devrait être associée à la phase ultérieures d'exploitation. En considérant la disparité des groupes cibles, il faudra de plus examiner quels sont en fait les groupes que les mesures du projet peuvent atteindre et comment il est possible d'empêcher les autres de s'adonner à des activités préjudiciables au Parc.

· Le recueil de données complémentaires sur les différents groupes formant la population riveraine doit être allié à un processus de prise de décision de type participatif au sein duquel des solutions sont recherchées en commun avec la population.

· Dans le même temps, il sera procédé à une éducation de la population à la problématique des parcs et à une adaptation du concept de protection et d'exploitation selon les intérêts de la population riveraine. Il est nécessaire pour cela d'organiser toute une série d'ateliers de travail à la base au moyen desquels, un effet d'apprentissage réciproque peut être atteint.

III. PLAN DE GESTION

3.1. Les objectifs

3.1.1. Les objectifs stratégiques

· Régénération du potentiel faunique à moyen terme;

· Préservation de la diversité biologique des espèces fauniques et floristiques;

· Lutte contre la désertification;

· Conservation in-situ des espèces floristiques et faunique;

· Contribution à l'amélioration du niveau de vie des populations.

1.3.2. Les objectifs spécifiques

· Diversification des écosystèmes;

· Formation et organisation des populations;

· Valorisation des ressources biologiques;

· Approvisionnement des zones cynégétiques par la production de trophées de haute qualité;

· Rehaussement du revenu des populations locales riveraines.

3.2. Des aménagements

3.2.1. Sur l'habitat

Les points d'eau

· Mise en place d'une retenue d'eau (mini-barrage) sur la rivière Godi et l'autre sur les affluents à l'ouest du parc, à savoir le Kiélé ou le Manga-Nababéogo.

· Curage de deux mares au Nord-Est (1) et à l'Ouest (1).

Les salines

Recherche des salines naturelles (inventaire des salines naturelles) enrichissement des salines naturelles si la nécessité s'impose. Création de salines artificielles si possible.

La zonification

Elle n'est pas nécessaire dans le cas du PNKT. La mise en place des pare-feux et pistes est suffisante pour la zonification.

La zone tampon sert de zone de refuge pour les animaux sauvages.

La maîtrise du feu

Utilisation des feux précoces en mosaïque. La piste périmétrale sert de pare-feux pour les feux d'aménagement et leur localisation (bas-fonds, plaines, collines). Il faudra recenser les zones sensibles (prairies, etc..). Les pistes touristiques déblayés aux accotements sur 3 m de large serviront également de par-feux.

La matérialisation des limites

· Nivellement et mise en place de 217,5Km de pistes dont 132,2 Km du côté Ouest et 85,3 Km du côté Est pour la piste périmétrale.

· Mise en place de 109 bornes soit 1 borne toute les 2,00 Km.

Les aménagements spécifiques

Les autres aménagements probables seront définis ultérieurement, au fur et à mesure que l'aménagement primordial s'effectue (miradors, affûts, génie forestier, etc. ).

3.2.2. sur la faune

Suivi de la dynamique des populations animales

· Inventaire: 2è année après la réhabilitation de la zone (déguerpissement des éleveurs), la mise en place des pistes et pare-feux.

· Elaboration des fiches pour les observations de terrain à remettre aux visiteurs, aux agents lors des patrouilles en vue de l'établissement d'une carte de distribution des espèces.

· Contrôle des populations, exceptionnellement en cas de dépassement de la capacité de charges du PNKT. Ce contrôle sera fait sous forme de prélèvement (capture ou abattage).

Suivi sanitaire

observation de l'état général des animaux in-situ;

formation des agents dans la réception des symptômes extérieurs de diverses maladies de la faune sauvage;

exceptionnellement, abattage autorisé et autopsie par une personne du corps médical vétérinaire pour examen de l'espèce animale suspectée.

3.2.3. les aménagements touristiques

Construction d'un campement touristique hors du parc national, précisément à Pighyri

· Ouverture de pistes d'accès ou touristiques

Zone Est : 16 km (ex-village Yo à Yambassé)

17 km (ancienne piste touristique à déblayer)

Zone Ouest : 4,5 km

· Construction de miradors et d'observatoires: nombre à définir et à mettre en place après les premiers aménagements, suite aux investigations.

· Construction de campement à l'intérieur du PNKT: NON

· Aménagement d'aires de camping à l'intérieur: OUI, exceptionnellement pour le parc

· Signalisation : nombre de panneaux et pancartes de signalisation à définir suite aux travaux d'aménagements physiques (sur l'habitat):

1. panneaux indicateurs du PN et ses limites;

2. panneaux d'interdiction de la chasse;

3. panneaux indicateurs des interdits au cours des visites et de circuits touristiques;

4. panneaux de sensibilisation (lutte contre les feux de brousse, les pollutions diverses, etc..).

3.3. Le renforcement de la diversité biologique

3.3.1. Protection des espèces rares et/ou menacées d'extinction

· mise en place des brigades de surveillances à travers les unités de conservation (cf. Unité de conservation PNKT/Nazinga);

· recrutement au sein de la population locale de personnes valides connaissant le milieu;

· équipement en matériel de communication pour la surveillance (émetteurs-récepteurs portatifs à station mobile et fixe).

3.3.2. Lutte contre:

· le feu: établir un plan de gestion des feux, mise en place de brigade de surveillance si possible pour la maîtrise des incendies;

· le braconnage: cf. protection des espèces rares et/ou menacées d'extinction;

· les effets de lisière: mise en place de la zone tampon délimitée par la plantation d'espèces végétales exotiques ou locales;

· ouverture d'enclaves pour freiner les effets de lisière et la pression sur le PNKT;

· la pollution des points d'eau par le contrôle et analyse périodique des mares, retenues d'eau et les mares dans le lit du Nazinon en période sèche.

3.3.3. Réintroduction d'espèces locales disparues

Opération à réaliser en troisième année après les aménagements physiques; ceci à conditions de mener des études au préalable.

· en milieu ouvert: le Cob de buffon,,le Cob defassa, le Lion, etc.. si possible;

· en milieu aquatique: le crocodile, les espèces de poisson;

· par l'élevage: si les possibilités le permettent;

· création d'enclos de récupération; nécessaire pour la mise en quarantaine des espèces à introduire dans le milieu.

N.B. D'autres espèces pourront être introduites même si elles n'ont jamais existé dans le PNKT, mais faisant partie des mêmes types de savanes soudaniennes (biotopes semblables).

3.4. Renforcement des systèmes de production

· L'appui aux populations pour le petit élevage d'animaux sauvages dans leurs terroirs est possible si les populations locales riveraines expriment le besoin au concessionnaire.

· La recherche d'un équilibre entre les biomasses végétales et animales pourra se mener en 3è et 4è année après les aménagements et restauration de la zone. Pour promouvoir un meilleur suivi des variables et paramètres.

3.5. Les formes d'exploitation

· Pour le tourisme de vision, organiser des circuits touristiques dans le PNKT, dans les villes et villages traditionnels Mossi, Katséna.

· Pour la pêche, en collaboration avec un guide de pêche, organiser les populations riveraines en vue d'une exploitation rationnelle des plans d'eau.

Il faut ici proposer l'organisation de la pêche villageoise ou de subsistance pour intégrer les population riveraines (se rappeler le Koulnaba).

· en outre la pêche sportive peut s'y mener également, mais sous contrôle.

3.6. Partenariat

Le droit d'usufruit des populations riveraines: les produits végétaux pour la pharmacopée traditionnelle, les fruits à maturité, les feuilles, les racines et la paille peuvent faire l'objet de cueillette à condition que le concessionnaire et les services forestiers autorisent les populations locales riveraines (accord, autorisation écrite, etc.). Ses droits sont reconnus aux populations riveraines, mais si au plan technique l'exploitation est incompatible avec l'importance de la biomasse végétale, on pourrait l'interdire pendant un certain nombre d'années.

3.6.1. L'organisation des populations

· Activités cibles: pêche, apiculture si possible et autres domaines qui les intéressent (forme de groupement, associations ou coopératives).

· L'utilisation de la min-d'oeuvre locale (travail rémunéré) au cours des travaux d'aménagement et diverses activités dans le parc national.

· Organisation pour une meilleure prestation des troupes folkloriques d'animation pour les visiteurs:

· mise en place d'un comité de gestion du FIC;

3.6.2. Formation thématique des populations:

· Initiation aux différentes formes de coopération (associations, groupements, etc..);

· Initiation à la lutte contre les feux de brousse, le braconnage;

· Initiation sommaire aux techniques d'aménagement de la faune et son habitat;

· Explication sur le processus du développement durable au profit des populations locales par rapport aux ressources naturelles renouvelables;

· Initiation à l'identification et à la formulation de micro-projet.

3.6.3. Participation rémunérée des populations aux actions de mise en œuvre du plan de gestion.

Recrutement du personnel pour les travaux d'aménagement (pistes, mares, constructions diverses) et autres prestations de services suivant les activités à mener à conditions que les qualifications requises soient présentes au sein de la population rurale riveraine.

3.6.4. Gestion concertée des zones villageoises de chasse:

· Entre villages riverains: concertation et mise en place d'une structure de gestion pour les amodiations journalières et signature de divers contrats avec les guides de chasse;

· Entre concessionnaire et villages riverains: accords écrits après discussions entre le concessionnaire et les différentes associations exploitants de la faune pour l'envoi de guides éventuels.

· Apport du concessionnaire à l'aménagement des zones de chasse villageoise.

3.6.5. Gestion concertée des produits issus de la chasse:

Dans le cas présent où l'objet de l'exploitation est le tourisme de vision et la pêche, seuls les associations villageoises et les guides sont habilités à trancher avec le service forestier la destination finale de ces produits.

3.6.6. Relations avec les services techniques du Ministère de l'Environnement et de l'Eau:

· sur le plan technique: supervision des travaux d'aménagement et de protection;

· sur le plan administratif: fourniture des rapports périodiques et autres aspects si nécessaires sur la gestion et conformément au plan de gestion ci-contre et des mesures du cahier des charges.

3.6.7. Relations avec les organismes de recherche:

· Accepter la collaboration avec les organismes de recherche dans le domaine des différentes composantes de la nature. Ces organismes sont: l'Université de Ouagadougou, le CNRST, l'IRBET, etc..

· Participation aux activités de recherches fondamentales et celles de recherches-développement dans les écosystèmes du PNKT.

3.6.8. Collaboration avec les partenaires de développement

Tels les organismes de développement, les associations et organismes non gouvernementaux pour une meilleure coordination des activités au profit des populations locales en vue d'un développement durable.

3.6.9. Approvisionnement du fonds d'intérêt collectif (FIC):

Dans le cadre du PNKT, le concessionnaire après les aménagements et dès l'exploitation de la zone alimentera ce fonds. Auparavant les populations riveraines devront s'organiser et mettre en place un comité de gestion de ces fonds annuels dont le montant sera fixé d'un commun accord.

3.6.10. Relations avec les autres administrations

· exposer et discuter des problèmes de la zone avec l'administration locale et autres structures opérant dans la zone;

· trouver avec l'administration une formule pour la gestion du FIC (mise ne place d'un comité de gestion du FIC et d'une commission d'acceptation de projet formulé pour être financé par le FIC).

3.7. Investissements

· Identification des besoins d'investissements.

· Ouverture et aménagement de pistes plus bornage de la piste périmétrale d'une longueur totale de 287 km.

· Plantation d'alignement pour la délimitation de la zone tampon sur une longueur de 217,2 km.

· Construction et mise en place de deux (2) retenues d'eau et curage de mares:

· 1 retenue sur la rivière Godi et l'autre sur la rivière Manga-Nababéogo ou sur le Kiélé dans la zone Ouest;

· repérage de deux (2) mares dans la partie Nord du côté Est (à curer), deux (2)autres du côté Ouest à créer ou à curer si elles existent;

· délimitation des pares-feux en fonction des tracés de pistes;

· construction du campement et bureaux à Pighyri;

· inventaire de la faune;

· formation des populations locales riveraines.

3.8. Mesures déjà réalisées à ce jour

Une phase préliminaire d'intervention à déjà été réalisée par NATURAMA pendant 3 ans en 1993-1996. L'objectif était: "les bases permettant l'adhésion des populations riveraines dans la gestion du PNKT sont établies". Cet objectif a été largement atteint. En effet, après 3 ans d'activité sur le terrain, NATURAMA est parvenu à:

· Initier des contacts avec 17 villages riverains du parc dans les provinces du Zoundwéogo, Nahouri et Boulgou, en vue de discuter avec les villageois sur leurs rapports avec le parc.

· Organiser des réunions villageoises et inter-villageoises, et des ateliers d'information et de formation à l'intention des 17 villages.

· Organiser deux séminaires inter-villageois de validation des idées discutées dans les villages (un séminaire regroupant 5 villages du Zoundwéogo à Nobéré, un séminaire regroupant 12 villages du Nahouri à Pô).

Ces rencontres ont permis d'animer au sein des participants, des discussions autour de 3 axes principaux:

1. le diagnostic de la situation socio-écologique des villages riverains du Parc;

2. les solutions techniques potentielles aux problèmes soulevés lors du diagnostic;

3. les concepts à appliquer pour une "cohabitation" harmonieuse entre les villageois riverains et le Parc.

Ces séminaires ont suscités un enthousiasme, mais surtout un espoir auprès des populations dont les relations avec le Parc ont généralement été conflictuelles.

Ils ont permis en outre de rentre les services techniques gouvernementaux sensibles à l'existence d'autres possibilités de gestion du Parc avec la participation des populations rurales.

Enfin, ils démontrés que la gestion durable des ressources du Parc passe aussi par la lutte contre la pauvreté dans les villages concernés.

Sur la base des recommandations des séminaires de Nobéré et Pô, tous les 17 villages ont créés des associations dénommées "Weog La Viim" en langue mooré, et "Ga Mô Wigna" en langue Katséna. Ces dénominations signifient "notre nature est notre vie".

Ces associations villageoises reconnues par récépissé officiel des autorités sont les cadres d'action à travers lesquels les villageois veulent améliorer leurs rapports actuels et futures avec le Parc, chercher les moyens de valoriser au mieux le Parc et mettre en oeuvre les activités qui permettent soutenue des ressources et le développement de leurs productions agro-sylvo-pastorales.

· Renforcer le niveau d'engagement et la capacité d'organisation des associations des 17 villages déjà encadrés;

· Concevoir dans chaque village, une série d'actions pilotes sur la base des idées d'actions discutées au cours des séminaires inter-villageois et lors des réunions villageoises. Ces actions pilotes qui ont un rapport avec la gestion des ressources naturelles visent un accroissement de la productivité du travail et un amélioration des revenus des population riveraines engagées. Elles constituent aussi des "actions-écoles" qui sous-tendront la formation des acteurs en vue du développement de leurs résultats à plus grande échelle.

· Développer une action pilote d'éducation environnementale en milieu scolaire, à travers la distribution d'un bulletin trimestriel de sensibilisation, dans les écoles et lycées riverains du Parc.

· Réfléchir à un système de suivi et d'évaluation des performances des activités qui impliquerait les acteurs eux-mêmes. On cherchera dans ce cadre, à mesurer comment la protection de la biodiversité peut contribuer à améliorer les conditions de vie des populations riveraines.

· Rechercher les mécanismes susceptibles de garantir la durabilité des acquis du projet, en terme de poursuite des activités de gestion du Parc en harmonie avec les villageois. Pour cela, les aspects institutionnels et financiers, de même que les options techniques, sont à considérer dans un Plan visant l'autonomie du projet à long terme.

· Renforcer les capacités techniques et de gestion de l'ONG NATURAMA, particulièrement pour la conception, la gestion, le suivi et l'évaluation des projets de biodiversité à travers. le programme BIOME du WWF. Dans ce cadre, les animateurs du projet ont effectué des voyages d'études sur des projets de biodiversité à Madagascar, au Mali et au Zimbabwé.

· Développer des relations publiques et un partenariat avec le ministère de l'Environnement, les services techniques eaux et forêts, agriculture, élevage, la garnison militaire de Pô, les écoles et lycées, les projets PADL (Nahouri), PDLZ (Zoundweogo), PDR/B (Boulgou), et Ranch de Gibier à Nazinga. Ces relations publiques concernes aussi les chefs coutumiers et religieux, les autorités politico-administratives locales, et de nombreuses personnes influentes.

IV. CORRELATION ENTRE ACTIVITES ENVISAGEES ET RESULTATS ATTENDUS

En attendant la formulation du plan d'aménagement en 1997, et au regard des acquis de la phase préliminaire d'intervention, les résultats attendus et les activités conséquentes se présentent comme suit:

Résultat 1: Le plan d'aménagement et de gestion durable du PNKT est élaboré.

Indicateurs

· Les informations sur le potentiel du parc et la gestion économique, recueillies en vue de l'élaboration du plan, sont disponibles;

· Le projet de plan est accepté par les populations riveraines et validé par l'administration;

· Un protocole d'accord de gestion est signé entre le concessionnaire et l'administration.

Activités:

· réaliser une étude cartographique clarifiant le noyau central du parc, la zone tampon, et la zone périphérique (villageoise);

· réaliser un inventaire qualitatif faune-flore-sites et paysages;

· établir un plan de promotion touristique de la région PNKT - Nazinga;

· réaliser une étude technique et financière des 1ères opérations d'aménagement;

· proposer un plan de réintroduction des espèces locales de faune;

· réaliser un échéancier de développement d'un écomusée et d'un campement;

· réaliser un avant-projet de plan d'aménagement et de gestion du PNKT incluant la gestion des terroirs villageois de la zone périphérique;

· organiser des sessions de travail inter-villageois de validation du plan en Mooré, Bissa et Katséna;

· soumettre un projet de plan d'aménagement et de gestion du PNKT à un atelier villageois-services partenaires-administration;

· soumettre la proposition de plan d'aménagement au Ministère de l'Environnement et de l'Eau;

Résultat 2: Les concepts d'intégration de la population aux mesures d'aménagement et d'exploitation du PNKT sont finalisés

Indicateurs

· Les résultats des réflexions des ateliers de restitution à la base sont présentés dans le plan d'aménagement et montrent les mécanismes agréés par la population riveraine.

· Une estimation est présentée exposant comment les autres groupes cibles peuvent être associés au concept.

Activités:

· organiser un échange d'expérience et une collaboration avec les institutions et projets partenaires concernés (PNGT, Nazinga, FAO-Sissili, PATECORE, GONSE, GEPRENAF, etc.);

· réaliser des analyses socio-économiques et évaluer les résultats;

· organiser et réaliser des ateliers de travail à la base dans les villages riverains;

· développer les bases de planification et les résultats des ateliers de travail à la base en un concept d'aménagement et d'exploitation adapté aux intérêts des populations riveraines.

Résultat 3: Le plan d'aménagement du PNKT est mis en œuvre.

Indicateurs

L'échéancier d'exécution du plan d'aménagement et du protocole d'accord entre NATURAMA et l'Administration est respecté.

Activités:

· préparer les devis techniques et financiers des infrastructures suivantes:

1. curage de 4 mares;

2. 3 retenues d'eau;

3. pistes d'aménagement de surveillance (220 km);

4. plantation d'alignement sur les limites de la zone tampon (150 km);

5. construction de bureaux à Pighyri, Nobéré, Guiaro et Gombousgou;

6. aménagement de salines et pare feux;

7. mise en place des bornes sur les limites;

8. construction d'un écomusée;

9. mise en place de miradors et d'observatoires.

· réaliser chacune des infrastructures ci-dessus;

· assurer le suivi sanitaire des populations fauniques;

· assurer un suivi de l'habitat et de la dynamique du cheptel faunique;

.planifier et exécuter des feux d'aménagement;

· construire un campement touristique;

· réintroduire des espèces locales de flore et de faune disparues, en milieu terrestre, aquatique, aviaire et par l'élevage;

· organiser un système de surveillance du parc incluant les villageois et les services forestiers locaux;

· assurer une formation technique ou une spécialisation au niveau du personnel chargé de la gestion de la concession;

· acquérir une logistique appropriée d'aménagement et de surveillance.

Résultat 4: Toutes les filières d'exploitation durable sont mises en œuvre en vue de l'autonomie de gestion et de l'amélioration des revenus des riverains.

Indicateurs

L'échéancier du plan d'exploitation du PNKT et de gestion des terroirs riverains est respecté.

Activités:

· promouvoir l'écotourisme (tourisme écologique) dans la région Sud du Burkina (PNKT, Nazinga, autres sites);

· promouvoir la pêche sportive (tourisme) et la pêche artisanale (à l'intention des riverains);

· encadrer la chasse villageoise dans les terroirs et la zone tampon;

· promouvoir une exploitation rationnelle des forêts villageoises;

· promouvoir un petit élevage d'espèces sauvages dans les villages riverains (aulacodes, porc-épic, grue couronnée, etc.);

· développer l'apiculture villageoise dans la zone tampon;

· organiser l'exploitation de ressources spécifiques du parc par les villageois (pharmacopée, fruits et feuilles comestibles, paille pour les toits, etc.);

· promouvoir des contrats de location de petites chasse dans la zone tampon entre les villages concernés et des chasseurs touristes;

· offrir toutes les prestations rémunérées aux riverains (emplois temporaires ou occasionnels pour l'aménagement, la surveillance, l'exploitation, etc.);

· exploiter les richesses culturelles des 3 ethnies riveraines à travers l'écomusée, des danses traditionnelles pour touristes, les visites de l'architecture, des marchés, etc.;

· rechercher des sources multiformes de ravitaillement d'un fonds d'intérêt collectif (FIC) destiné à financer des projets villageois;

· rechercher des contrats avec des sociétés d'écotourisme en Europe pour un approvisionnement régulier en clients;

· recruter et former une équipe technique compétente et motivée.

Résultat 5: Les mesures d'accompagnement pour la participation consciente et active de la population à l'aménagement et l'exploitation du PNKT sont finalisées.

Indicateurs

· Une communication efficiente avec les adultes, les jeunes (scolaires ou non), les femmes, et les personnes influentes est assurée.

· Les associations villageoises et le comité de gestion du parc sont compétents.

· Une formation fonctionnelle des leaders et acteurs villageois est assurée.

Activités:

· réaliser des séances d'animation aux niveaux villageois, inter-villageois et en milieu scolaire (écoles et lycées);

· organiser des voyages d'étude des villageois auprès d'autres projets;

· valoriser des canaux traditionnels et modernes de communication (contes, griots, sport, etc.);

· former les leaders des associations villageoises en "management" et en gestion des ressources naturelles renouvelables;

· former les acteurs villageois en techniques des activités qu'ils doivent mener (apiculture, élevage de petite faune, tourisme, chasse et pêche villageoise..);

· former les villageois dans les domaines liés à la gestion de leurs terroirs (agriculture, élevage, DRS/CES, etc.);

· informer et former les enseignants pour l'éducation environnementale des élèves et des parents d'élèves (diffusion des bulletins, plantation d'arbres dans les écoles et lieux publics, voyages d'études, etc.).

Résultat 6: Les supports de décision concernant la poursuite de la gestion de la concession sont disponibles à chaque étape.

Indicateurs

· Une documentation pertinente sur tous les aspects du plan de gestion est disponible 12 mois avant la fin de chaque phase

Activités:

· assurer une communication appropriée entre NATURAMA, le Ministère de l'Environnement, les groupes cibles, et les partenaires de coopération;

· établir un système efficace de suivi et d'évaluation de chaque phase;

· fournir une documentation pertinente lors des processus de décision, en indiquant les résultats obtenus, les éléments de gestion administrative et financières, les difficultés rencontrées et les perspectives proposées.

4.1. Chronogramme des réalisations

1ère phase du plan d'aménagement (4 ans)

· Tracé des pistes, bornage de la piste périmétrale,

· Construction de bureaux

· Délimitation des pare-feux

· Plantation d'alignement

· 1er inventaire de la faune (2ème année)

· Repérage des salines

· Formation/Education/Sensibilisation des populations locales

· Surveillance du parc

2ème phase du plan d'aménagement (3 ans)

· Mise en place des retenues d'eau et mares.

· Réintroduction d'espèces

· Construction du campement hôtel

· Surveillance du parc

· 2ème inventaire de la faune (4ème année)

· Etude de la capacité de charge (5ème année)

· 3ème inventaire de la faune (6ème année)

3ème phase du plan d'aménagement (3 ans)

· Surveillance du parc

· Formation/Education/Sensibilisation des populations locales

· Recyclage du personnel

V. SUIVI - ÉVALUATION

· Remplissage des fiches

· Rapport périodique

· Visite de terrain

· Rencontre entre partenaires

· Adoption du plan d'aménagement en 1998

· Révision du plan de gestion en l'an 2000 et 2005

· Visite technique au besoin

· Evaluation mi-parcours en 2001

· Evaluation terminale en l'an 2006

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