|
Les jeunes des pays ACP se trouvent confrontés à un même dilemme lorsqu’il s’agit d’utiliser et de mettre en application de nouvelles technologies. Ils sont souvent considérés comme des pionniers, dotés de la curiosité nécessaire pour faire des expériences. Ils ne se laissent pas facilement intimider par des applications à l’aspect compliqué ni par d’épais manuels, ont tendance à apprendre facilement les langues internationales, et ce sont eux, en fait, qui expliquent d’habitude les nouveaux gadgets à leurs parents – s’ils peuvent y mettre la main dessus. Mais, malheureusement il y a le revers de la médaille : en effet, les jeunes, surtout dans les zones rurales, n’ont pas les moyens d’acheter ni de louer et donc d’utiliser les nouvelles technologies. Avec un chômage des jeunes 2 à 2 1/2 fois supérieur à la moyenne nationale dans de nombreux pays ACP, et des emplois ruraux encore plus difficiles à trouver, beaucoup de jeunes n’ont tout simplement pas d’argent pour surfer sur Internet, envoyer des E-mails et des SMS ou regarder une video1.
Les TIC sont en général associées à la vie urbaine. Elles constituent une des nombreuses raisons pour lesquelles les jeunes quittent leurs villages pour émigrer vers les villes, en quête de travail et d’une vie meilleure. Cependant, ces dernières années ont vu une augmentation de l’utilisation des TIC dans les zones rurales des pays ACP, malgré des problèmes chroniques d’accès, de connectivité, d’instruction, de capacité, et de coûts. Ce développement des infrastructures de communication, notamment dans le domaine des télécommunications, est l’une des grandes chances dans la tentative qui est faite de rendre la vie au village plus attrayante pour les jeunes : en effet, les TIC peuvent apporter la ville au village. Les journaux, la musique, les films, les jeux, la possibilité de faire des études et de trouver un emploi, les contacts avec la famille et les amis, les informations relatives à la politique et à la santé , tout devient plus accessible grâce aux TIC.
Les TIC offrent de nombreux débouchés générateurs de revenus. Non seulement elles peuvent aider à améliorer les méthodes de production végétale ainsi que la commercialisation de produits agricoles, mais elles peuvent aussi être une source de revenu en elles-mêmes, en permettant l’accès aux services liés aux TIC moyennant une redevance (par exemple, l’exploitation d’une cabine téléphonique publique, d’un centre à distance, la fourniture de services d’entretien, ou de perfectionnement pour l’utilisation des TIC). Les emplois liés aux TIC nécessitent un certain éventail de talents, et assurer ces compétences aux jeunes est un pas en avant important vers l’emploi des jeunes et la génération de revenus.
En outre, les TIC donnent la ‘parole’ aux jeunes - c’est-à-dire la possibilité de participer à des débats publics d’où ils sont normalement écartés en raison de leur âge et de leur inexpérience. Souvent, un manque de parole va de pair avec un manque d’information. Les TIC sont des sources d’informations neutres, où les tabous n’ont pas de place et où n’importe quelle question, même sensible, peut être posée. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne VIH/SIDA, les jeunes ayant souvent du mal à parler librement de questions liées à la sexualité et à obtenir des informations dignes de foi sur cette maladie.
Offrir aux jeunes un accès aux TIC, le savoir-faire nécessaire à leur utilisation, ainsi que la possibilité de gagner leur vie grâce à elles, voilà la mission exaltante de notre quête au service de la jeunesse rurale. Actuellement, de nombreuses initiatives se dessinent qui aspirent à améliorer la connectivité avec les zones rurales. Répondront-elles aux besoins de leur jeune clientèle? L’Observatoire TIC du CTA intitulé “Offrir une tribune aux jeunes” en 2004 n’a pas d’autre ambition que de donner la parole aux jeunes dans le débat suivant : les TIC peuvent-elles contribuer à façonner la vie de la jeunesse rurale, pourquoi et comment y parvenir ?
1Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) peuvent être interprétées de façon générale comme des technologies qui facilitent la communication et comme le traitement et la transmission de l’information par des moyens électroniques. Cette définition englobe toute la gamme des TIC, qui vont de la radio et la télévision aux téléphones (fixes et portables ), aux ordinateurs et à Internet. Dans un contexte d’évolution, l’interface avec des systèmes et des moyens traditionnels de communication est aussi important, au même titre que leurs applications dans des domaines comme l’agriculture, les affaires, l’administration, la santé, et l’éducation.
|